Politique

Philippe Juvin (LR): «Dans cette crise, on n’a fait que subir»

L’heure est aux explications. «Dans cette crise, on a été somnambules, on n’a jamais su où on en était, on n’a fait que subir», a dénoncé Philippe Juvin au «Talk Le Figaro» mardi. Le maire LR de La Garenne-Colombes, très présent dans les médias pendant la crise sanitaire comme chef des urgences de l’hôpital Pompidou à Paris, espérait des réponses de l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn. Le plus important pour le médecin qui a vécu l’épidémie au plus près, est de savoir «ce qui a été fait quand elle a pris conscience de la gravité des choses».

Il ne décolère pas: «Est-ce que les masques ont été commandés? Est-ce qu’on s’est mis en ordre de marche pour avoir des tests? Est-ce qu’on a préparé des lits de réanimation supplémentaires? Est-ce qu’on a commandé des médicaments?» Sur la démission de cette dernière pour aller faire campagne aux municipales, Juvin estime que «personne n’est irremplaçable, mais au moment de l’offensive c’est toujours embêtant que le général en chef décide de prendre un poste ailleurs». En revanche, «l’État ne doit pas reposer sur les épaules aussi solides ou aussi frêles d’une seule personne», dénonce l’élu LR. Y a-t-il une responsabilité politique dans la gestion de cette crise? De manière certaine, selon Juvin.

C’est en testant beaucoup qu’on n’est pas somnambule

Philippe Juvin

Il rappelle qu’au début de l’épidémie, des alertes sont mises en place et que l’OMS demande de tester tout le monde, «ce que l’Allemagne va faire pendant deux mois, ce qu’on ne va pas être capable de faire pendant toute l’épidémie», illustre-t-il. Sur ce point, il est d’accord avec son confrère le Pr Raoult: «C’est en testant beaucoup qu’on n’est pas somnambule», assure Juvin, qui a d’ailleurs fait tester massivement dans tous les Ehpad de sa commune. Il fustige aussi un discours trop léger de l’exécutif: «On a l’impression que nous allons être à l’abri de tout et que tout va bien!», rapporte l’urgentiste, rappelant aussi les déclarations d’Olivier Véran: «On a le meilleur système de santé, ça va aller.» Si des erreurs d’appréciation ont été commises, le médecin qu’il est veut être clair: «On s’est référé à ce qu’on nous disait», affirme-t-il, persuadé comme beaucoup qu’il y avait des masques et des tests.

La vraie question pour lui: «Qui était au courant de l’état des stocks nationaux?» Espérant que cette information «fondamentale» soit révélée, il estime qu’une commission d’enquête est faite pour obtenir des réponses claires, et espère surtout des questions percutantes de la part des députés. Pour autant, le Républicain souligne qu’«une erreur n’est pas crime», inquiet que «la judiciarisation de la vie politique, médicale, médiatique, empêche de savoir la vérité». S’il y a eu des fautes politiques, «il faut qu’elles soient sanctionnées mais politiquement», juge l’édile, car «si les personnes interrogées par la commission parlementaire se sentent en danger, elles réserveront leurs réponses à un éventuel procès».

Source: lefigaro.fr

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