Politique

Emmanuel Macron veut verdir la fin de son quinquennat

Bronzé, souriant, avenant… Emmanuel Macron ne porte pas sur son visage les stigmates de la vague verte. Dans ses mots en revanche, c’est une autre affaire. Au lendemain du second tour des élections municipales marquées par la victoire spectaculaire des écologistes dans plusieurs grandes villes comme Lyon ou Bordeaux, le président de la République a détaillé par le menu sa réponse aux 150 membres de la Convention citoyenne sur le climat, reçus dans le cadre bucolique et champêtre des jardins de l’Élysée. Elle est radicale. «Le temps est à l’action», a résumé Emmanuel Macron. Dont acte.

Sur les 149 propositions de la Convention climat, le président de la République s’engage à en reprendre 146. Certaines seront transmises directement au gouvernement lorsqu’il s’agit de mesures réglementaires. Elles seront décidées dès la fin juillet ou intégrées dans le plan de relance prévu pour septembre. D’autres seront traitées par le Parlement dans le cadre d’un «projet de loi spécifique» multimesures en septembre. Et dans le cas où le processus prendrait du retard ou se heurterait à des blocages, Emmanuel Macron se réserve la possibilité d’organiser un référendum en 2021 pour demander aux Français de trancher. Le président de la République s’est également dit prêt à organiser un autre référendum pour réviser la Constitution et «introduire les notions de biodiversité, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique» dans son article 1, comme le demande la Convention.

À point nommé

Pas question en revanche de réécrire le préambule de la Constitution pour y introduire la notion d’écologie. Cela «menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques», a justifié le chef de l’État. C’est le premier des trois «jokers» qu’il s’était réservé pour rejeter des propositions de la Convention. Le président de la République a brandi le deuxième contre la limitation de la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes. «Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi: avoir des mois de travail qui s’abîment dans une polémique», a-t-il expliqué. Quant à son dernier joker, le chef de l’État l’a brandi contre la proposition d’instaurer une taxe de 4 % sur les dividendes pour ne pas «décourager l’investissement». Au bout du compte, le discours écologique du chef de l’État tombe à point nommé sur fond de poussée verte dans les urnes.

«Nous n’avons pas reverdi le discours du président, jure l’un de ses conseillers. C’est un hasard du calendrier qui fait bien les choses et qui crée ce momentum écologique.» Depuis la démission surprise de Nicolas Hulot du ministère de la Transition écologique en août 2018, Emmanuel Macron court après ce costume de défenseur de l’environnement qui lui échappe malgré quelques gestes forts en direction des écologistes: arrêt du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, arrêt du projet de mine de la Montagne d’or en Guyane, arrêt du projet de centre commercial géant EuropaCity à Gonesse, fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim… Pour quel résultat? Une ratification erratique de l’espace public qui s’étend jusqu’aux grilles du ministère de l’Intérieur où des militants d’Extinction Rébellion se sont accrochés récemment. Dimanche soir avec la victoire des Verts, c’est tout le bilan écologique d’Emmanuel Macron qui lui a glissé entre les doigts.

Pouvoir étendu

Or, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2022, il devient urgent de s’approprier la défense de l’environnement tant le thème imprègne la société. «Ce serait une erreur de ne voir dans les élections municipales qu’une poussée écologiste», met-on toutefois en garde dans l’entourage du président de la République. Moins spectaculaire que celle des Verts, la performance de la droite n’en est pas moins réelle. Dès lors, «toute la question est de savoir comment garder Édouard Philippe tout en verdissant le gouvernement», explique ce proche d’Emmanuel Macron. Pour le chef de l’État, la Convention citoyenne sur le climat va dans ce sens. Et peu importent les critiques sur la légitimité des propositions avancées par des citoyens tirés au sort.

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«Le niveau d’abstention aux municipales montre l’ampleur de la crise démocratique, assure un visiteur du chef de l’État. La Convention citoyenne est un moyen de lutter contre cela. C’est un outil pour redonner du pouvoir aux citoyens.» Un pouvoir avec filtre toutefois puisque les propositions doivent passer sous le contrôle du gouvernement ou du Parlement pour celles qui relèvent de la loi. Mais un pouvoir qu’Emmanuel Macron veut étendre. «Je souhaite que se créent d’autres Conventions citoyennes sur d’autres sujets», a demandé le chef de l’État. Ce ne sont pas les sujets qui manquent.

Source: lefigaro.fr

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