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Sarkozy est assis sur le banc lors du premier des procès contre lui

Ancien président français Nicolas Sarkozy. EFE / GUILLAUME HORCAJUELO / Archives Ancien président français Nicolas Sarkozy. . / GUILLAUME HORCAJUELO / Archives

Paris, 22 novembre . .- La France connaît demain un événement sans précédent: un ancien président, Nicolas Sarkozy, sur le banc des accusés, poursuivi pour corruption et trafic d’influence, pour lequel il risque jusqu’à dix ans de prison s’il est reconnu coupable.
Président entre 2007 et 2012, Sarkozy fait également face à deux autres affaires judiciaires, avec un procès déjà certain qui aura lieu l’année prochaine, ce qui forme une situation judiciaire compliquée, même si l’ancien politicien conservateur maintient son innocence et insiste pour être victime d’une vaste conspiration. contre lui.
Sarkozy, 65 ans, retraité de la politique depuis 2016, comparaîtra devant un tribunal pénal pour tentative présumée, avec son avocat Thierry Herzog, de corrompre un magistrat qui était alors avocat général devant la Cour suprême, Gilbert Azibert.
L’acte d’accusation soutient que Sarkozy et Herzog a offert à Azibert un siège au Conseil d’État de Monaco en échange d’une aide dans une nouvelle enquête judiciaire contre l’ancien président.
Tous les trois sont accusés des mêmes délits de corruption (active ou passive) et de trafic d’influence, et dans le cas de Herzog, il y a violation du secret professionnel. Ils font tous face à la même demande de sanctions de la part du parquet: jusqu’à dix ans de prison et une peine d’un million d’euros.
CONVERSATIONS TÉLÉPHONIQUES CLÉS ET QUESTIONNAIRES
L’affaire est basée sur une conversation téléphonique entre Sarkozy et Herzog, dans laquelle les deux auraient discuté de la façon dont ils avaient offert à Azibert le poste s’il aidait le politicien à connaître le statut d’une enquête sur la réception présumée de fonds du milliardaire Liliane Bettencourt ( du groupe cosmétique L’Oréal) pour le financement irrégulier de sa campagne présidentielle de 2007.
Afin d’enquêter sur cette affaire, Sarkozy a été mis sur écoute par les enquêteurs fin 2013 après avoir reçu une autorisation judiciaire.
Ainsi, il a été découvert en 2014 qu’il disposait d’une autre ligne téléphonique, sous le nom d’emprunt de Paul Bismouth, à partir de laquelle il maintenait l’éventuel complot avec son avocat, qui a été enregistré par les enquêteurs.
«Je vais l’aider, je vais la promouvoir», a déclaré l’ancien président dans l’une des conversations dont certains fragments ont été divulgués.
En France, les communications entre le client et l’avocat sont secrètes, mais il existe une exception lorsque l’avocat participe à la commission présumée d’un acte criminel.
Enfin, Sarkozy et Herzog n’ont pas mis en œuvre le plan. Les autorités monégasques affirment qu’elles n’ont pas été contactées par l’ancien président à ce sujet et, pour ces deux prévenus, c’est la preuve de leur innocence.
L’accusation soutient que quelqu’un au sein de l’appareil judiciaire les a informés de l’écoute électronique, alors ils ont reculé et ont essayé de se cacher dans les dernières conversations dans cette ligne secrète. Une enquête distincte pour tenter de trouver la taupe présumée s’est terminée sans résultat.
Dans son document d’accusation, présenté en octobre 2017, le parquet national financier a considéré que les accusés agissaient en “criminels experts”.
La stratégie avancée par la défense reposera sur l’affirmation qu’il n’y a aucune preuve qu’il ait effectivement fait quoi que ce soit en faveur d’Azibert et sur la dénonciation de la violation du secret de ses communications avec son avocat.
Le procès commence demain et devrait se terminer le 10 décembre, mais les dates pourraient changer si un procès pour reporter la défense d’Azibert, 73 ans, pour des raisons de santé, aboutit.
De plus, ce processus, comme d’autres importants qui se déroulent actuellement en France, est sujet à d’éventuels incidents inattendus liés à la pandémie de coronavirus.
Voir un ancien président sur le banc est quelque chose de totalement nouveau en France. Lorsque feu Jacques Chirac (président entre 1995 et 2007) a été jugé et condamné en 2011 dans l’affaire des emplois fictifs du maire de Paris, il a évité de comparaître en justice en raison de son état de santé fragile.
DEUX AUTRES AFFAIRES CONTRE SARKOZY
Et ce n’est que la première des trois procédures judiciaires auxquelles est confronté l’ancien politicien conservateur, populairement connu sous le nom de «Sarko».
En premier lieu, l’enquête dirigée contre lui pour le financement présumé du régime libyen de Mouammar Kadhafi de sa campagne présidentielle de 2007. En octobre, il a été officiellement inculpé d’association de criminels.
Enfin, entre mars et avril de l’année prochaine, il siégera également sur le banc pour financement prétendument illégal de sa campagne présidentielle de 2012, dans laquelle il a été battu par le socialiste François Hollande.
L’ancien président maintient son innocence dans tous les cas et prétend être victime d’un «complot politique» des juges d’instruction.
Les accusations de Sarkozy ont été si dures que cette semaine plusieurs associations judiciaires ont dénoncé devant le Conseil national de la magistrature “des pressions inacceptables et intolérables” sur les juges.
Un autre attrait du procès qui commence demain sera l’avocat de la défense de Sarkozy, Hervé Temime, surnommé «l’avocat des puissants».
Temime est célèbre en France pour avoir représenté des célébrités et des millionnaires dans différents processus, y compris du monde du cinéma comme Gérard Depardieu, Roman Polanksi, Nathalie Baye ou Catherine Deneuve, des entrepreneurs millionnaires comme Jacques Servier ou Alain Afflelou ou l’homme d’affaires et ancien président du club Joueur de football de l’Olympique de Marseille Bernard Tapie.
Rafael Cañas

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