International

Président Trump, an IV : le piège du déni

Vendredi 26 juin, Donald Trump a tranché. Il a annulé le week-end prévu dans son club de golf du New Jersey. Il lui fallait veiller à la sécurité du pays, menacé selon lui par « les pyromanes », « les anarchistes », « les pillards » et « les agitateurs ». Il allait monter la garde, marmoréen, ne s’interrompant que pour tremper ses lèvres dans un quart en aluminium rempli de café.

Quelques heures plus tôt, il avait signé un décret exécutif pour répondre à ce qui constitue selon lui l’urgence du moment : l’épidémie d’attaques contre les statues censées incarner les péchés originels américains, à commencer par le racisme systémique mis en avant par la mort tragique de George Floyd aux mains de la police de Minneapolis. Il avait promis « de longues peines de prison pour les actes hors-la-loi contre notre grand pays ! » Jusqu’à dix ans pour les nouveaux iconoclastes.

Samedi matin, le sens du devoir l’a conduit sur les greens de son club de golf de Virginie, sans doute pour vérifier qu’aucune horde ne s’y était abattue au cours des heures précédentes. Puis il a partagé sur son compte Twitter les avis de recherches de la police du service des parcs nationaux visant les énergumènes qui s’étaient attaqués sans succès quelques jours plus tôt à la statue équestre du président Andrew Jackson, face à la Maison Blanche. Héros de la guerre de 1812 contre la Couronne britannique, le premier président classé populiste des Etats-Unis, propriétaire d’esclaves comme ses prédécesseurs, s’est signalé par le nettoyage ethnique des Amérindiens à l’est du Mississippi.

L’énergie que déploie Donald Trump pour ces guerres du passé n’a d’égale que le déni qu’il réserve désormais à « l’ennemi invisible » d’hier, le Covid-19 dont les contaminations sont reparties à la hausse depuis la mi-juin. Il n’était pas présent vendredi au premier briefing organisé depuis près de deux mois par la task force dédiée à cette lutte. Il y était représenté par son vice-président, Mike Pence, qui a trouvé que tout n’allait pas si mal, alors que le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, constatait, lui, « un problème grave ».

Le réveil de « Sleepy Joe »

Il l’est d’autant qu’il concerne des Etats républicains où le confinement a été moins sévère et moins long qu’ailleurs pour des raisons idéologiques. Des Etats comme le Texas et la Floride que Donald Trump ne peut se permettre en aucun cas de perdre en novembre. Il y a fondé une bonne partie de ses espoirs d’un redémarrage économique en fanfare, mais les voilà contraints à faire machine arrière.

Il vous reste 21.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source: lemonde.fr

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer