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Pologne : Rafal Trzaskowski, le candidat des collectivités locales contre le centralisme du pouvoir

Samedi 20 juin au matin, la place principale de la vieille ville d’Olsztyn, aux pavés gris et aux bâtiments ocre, se remplit progressivement dans l’attente du principal candidat de l’opposition libérale à l’élection présidentielle du 28 juin, le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski. La capitale de la région de Varmie-Mazurie, dans le nord-est du pays, est historiquement un bastion centriste, mais le parti national-conservateur Droit et justice (PiS) y progresse d’année en année. Une « région hésitante », stratégique, en ce dernier week-end de campagne. Le candidat doit visiter le lendemain une région bien plus hostile : la très conservatrice Podlachie.

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Les partisans se rassemblent par centaines, souvent masqués. L’effigie du candidat de la Plate-forme civique (PO, centre droit), mégaphone à la main, est floquée sur des tee-shirts. Des banderoles affichent : « Assez ! » C’est le mot d’ordre de la campagne, scandé à tous les meetings. Le mégaphone, également omniprésent, est devenu un symbole. Rafal Trzaskowski joue la carte de la colère populaire contre « l’arrogance » et le « monopole » du pouvoir. Chacun sait que si son principal rival est le président sortant, Andrzej Duda, incontestable favori du premier tour, son véritable adversaire est l’homme fort du pays et chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, qui a assujetti en l’espace de cinq ans l’essentiel des contre-pouvoirs garants de l’Etat de droit polonais.

Rassemblement sur la place Kosciuszki, à Bialystok (Pologne), pour écouter le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, le 21 juin 2020

Dans une atmosphère électrique, le maire d’Olsztyn, Piotr Grzymowicz (sans étiquette), lance le candidat : « Qui mieux qu’un élu local peut comprendre nos problèmes et nos préoccupations locales ? Il nous soutiendra, nous comptons sur lui ! » Le candidat entre en scène, sourire et regard perçant. « Je veux vous parler aujourd’hui d’éducation, déclare-t-il. En tant que maire de Varsovie, j’ai augmenté les subventions éducatives de 3 à 5 milliards de zlotys [de 675 millions à 1,12 milliard d’euros] pour compenser la mauvaise politique du gouvernement. Et, malgré tout, le pouvoir essaye de nous prendre cet argent ! »

Le thème de l’éducation n’est pas choisi au hasard : c’est un des domaines où les collectivités locales polonaises, particulièrement les mairies, ont des prérogatives importantes. C’est aussi le cas pour les institutions culturelles. Deux domaines fondamentaux pour le PiS qui, durant sa « révolution conservatrice », a multiplié les ingérences idéologiques dans les programmes scolaires et les lieux de culture, théâtres et musées. Dans la campagne, le « premier élu local de Pologne » se pose ainsi en défenseur des collectivités locales face aux relents profondément centralisateurs du PiS.

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Source: lemonde.fr

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