International

Pékin impose sa loi sur la sécurité nationale à Hongkong


La police disperse des manifestants dans un centre commercial de Hongkong, le 30 juin.

Le comité permanent de l’Assemblée nationale populaire chinoise (ANP) a adopté, mardi 30 juin en début de matinée, à l’unanimité de ses 162 membres, la loi dite « sur la sécurité nationale » destinée à lutter contre « la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec des forces étrangères » à Hongkong. Ce texte devait être intégré dans la foulée dans la Loi fondamentale, la mini-Constitution de Hongkong, et entrer en vigueur dès mercredi. Le 1er juillet marque le 23e anniversaire de la rétrocession de l’ancienne colonie britannique à la Chine. Son contenu exact ne devait être rendu public que quelques heures plus tard par l’agence de presse Chine nouvelle. Selon la télévision de Hongkong, les atteintes les plus graves à la loi seraient passibles de la prison à vie. Dans certains cas, les détenus pourraient être transférés en Chine continentale. Le trio d’anciens étudiants qui dirigeait le parti pro-démocratie Demosisto, Joshua Wong, Nathan Law et Agnes Chow, ont aussitôt annoncé la disssolution de cette formation dont la charte pourrait les soumettre à des poursuites en fonction de la nouvelle loi. « C’est la fin de Hongkong comme le monde la connaissait jusqu’à présent », a tweeté M. Wong.

Un an après le début de manifestations massives de plus en plus ouvertement anti-Pékin, le Parti communiste chinois a donc décidé d’imposer sa loi. Rien n’y a fait : ni les protestations des Hongkongais, ni les critiques émises par le Royaume-Uni auprès duquel la Chine s’était engagée à ne pas mette en cause l’autonomie de Hongkong durant cinquante ans, ni les menaces de l’Union européenne, ni même les récentes mesures de Washington.

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La semaine dernière, les Etats-Unis avaient annoncé des restrictions de visas contre les dirigeants chinois « considérés comme responsables, ou complices, de la remise en cause du haut niveau d’autonomie » de Hongkong. Lundi, Washington a décidé de mettre fin aux ventes d’équipement de défense sensible à Hongkong, pour éviter « qu’il tombe aux mains » de l’armée chinoise, « dont l’objectif premier est de préserver la dictature du Parti communiste chinois par tous les moyens nécessaires », selon le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo. Wilbur Ross, secrétaire au commerce, a indiqué que ce risque avait conduit Washington à « révoquer le statut spécial de Hongkong ». Lundi, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Zhao Lijian, a qualifié la loi américaine sur Hongkong de « bonne pour la poubelle ». En représailles, la Chine a également annoncé lundi vouloir sanctionner les Américains « s’étant mal comportés » en critiquant sa loi de sécurité nationale.

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Source: lemonde.fr

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