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Daniela Schwarzer : « Il est impératif de renforcer la cohésion interne de l’Union européenne et d’accompagner son redressement économique »

Tribune. Le 1er juillet, en un moment capital pour l’Europe, l’Allemagne prend la présidence de l’Union européenne. La bonne nouvelle, c’est qu’après des mois de paralysie, la France et l’Allemagne ont lancé d’importantes initiatives politiques communes et proposé la création d’un fond de reconstruction européen. S’il est suffisamment ambitieux, ce fonds aidera l’UE à se redresser, tout en accompagnant la nécessaire transformation de son économie.

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Alors que l’Union européenne accomplit des pas prudents en direction d’une réouverture, elle ne peut pas revenir à l’ancienne normalité. Le paysage politique, économique et social, dans l’Union européenne comme au niveau international, change plus vite que nous ne le pensions. L’impact géopolitique et géoéconomique de cette crise sera vraisemblablement considérable et durable. L’Europe n’y est pas préparée et elle a peu de temps pour s’adapter. Voici quatre observations qui parlent en faveur d’une UE plus forte.

Inventer notre modèle socio-économique

Le choc du Covid-19 a des effets asymétriques qu’il faut amoindrir. L’Union européenne traverse la crise du siècle : une chute d’environ 8 % du PIB en 2020, la multiplication des faillites d’entreprises, une flambée du chômage qui frappe en particulier les jeunes et crée des difficultés socio-économiques colossales. Ces dommages vont considérablement varier d’un pays à l’autre et à l’intérieur même des pays. L’Allemagne et la France sont les nations qui soutiennent le plus leur économie et, dans une certaine mesure, elles entraîneront dans leur sillage d’autres pays du marché unique. Mais les divergences vont s’accentuer. C’est pourquoi l’Europe doit mener une action rapide et audacieuse pour stabiliser son économie dès la rentrée, mais aussi se préparer à l’éventualité d’un automne difficile et d’une période politique orageuse.

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Il sera crucial de transformer l’économie tout en la stabilisant. En pleine crise, nous devons inventer notre modèle socio-économique et de compétitivité pour l’avenir. Le vaste plan de relance de l’économie d’environ 750 milliards d’euros doit mener à bien la reconstruction en même temps que la transition numérique et le green deal. La compétitivité du secteur numérique est primordiale pour l’Europe, aucun pays isolé ne sera capable de rivaliser avec la Chine ou les Etats-Unis. En cas d’un changement de leadership américain, de nouvelles possibilités de coopérations peuvent se présenter, mais les Européens ne constitueront pas des partenaires intéressants s’ils n’augmentent pas leur compétitivité.

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Source: lemonde.fr

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