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Coronavirus : l’Europe se rouvre à quatorze pays, mais pas aux Américains, aux Russes et aux Turcs


A l’aéroport international Adolfo Suarez-Barajas près de Madrid, le 21 juin.

La discussion a été très longue à Bruxelles, mais le Coreper, qui réunit les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne (UE), est parvenu à se mettre d’accord, dans la soirée du vendredi 26 juin, sur la réouverture des frontières extérieures à quatorze pays, le 1er juillet. Il s’agit de l’Australie, du Canada, de la Corée du Sud, du Japon, de la Nouvelle-Zélande, du Rwanda, de la Thaïlande, de l’Uruguay, des trois Etats du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) et des trois Etats des Balkans (Géorgie, Monténégro, Serbie).

Comme il fait encore partie de l’UE durant la période de transition, avant le Brexit, le Royaume-Uni est traité comme un Etat membre.

La liste pourra être révisée à intervalles réguliers mais en tout état de cause, les Etats-Unis, la Russie, Israël, la Turquie ou l’Arabie saoudite en sont actuellement exclus, la situation de la pandémie de Covid-19 y étant jugée pire qu’en Europe. Le cas de la Chine fait figure d’exception : les voyageurs chinois pourraient entrer en Europe, mais à condition que leur pays respecte le principe de réciprocité en autorisant les voyages des Européens en Chine. Ce n’est pas le cas à ce stade, et c’est jugé improbable à court terme.

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Cette décision aura-t-elle des conséquences politiques ? Si certaines pressions ont clairement été exercées et si des pays membres avaient d’évidentes difficultés à imaginer le bannissement de certaines nationalités – pour des raisons économiques, stratégiques, voire touristiques – un « engagement fort » a finalement prévalu, affirme une source diplomatique.

La liste établie a été admise par tous. Elle n’est pas totalement contraignante, la gestion des frontières restant une compétence nationale. Les pays membres pourraient donc ne pas s’ouvrir à la totalité des quatorze nationalités retenues mais ils s’engagent, en revanche, à ne pas accepter les ressortissants d’autres Etats.

Une prudente approche sanitaire

Longuement négociée, elle aussi, la série de critères retenus pour accorder, ou non, un droit d’entrée dans l’UE a également fait l’objet d’un accord. Les Vingt-Sept ont privilégié une prudente approche sanitaire. Ils ont pris en compte la situation épidémiologique dans les pays, l’incidence de nouvelles contaminations, la capacité de tests, les règles de prévention en vigueur, etc.

En retenant la notion de nouvelles infections au cours des quatorze derniers jours, les Européens excluaient de fait le Brésil, la Russie ou les Etats-Unis, des pays où cette moyenne est actuellement beaucoup plus élevée que dans les pays de l’UE (16 par 100 000 habitants). Le principe a été admis à Washington, où le secrétaire d’Etat Mike Pompeo déclarait, jeudi, que son pays ne voulait « assurément pas causer des problèmes ailleurs ». Il promettait aussi un travail en commun avec les Européens dans les prochaines semaines « pour bien faire les choses ». Tout en espérant, ajoutait-il, que leurs décisions seraient bien « fondées sur la santé, sur la science ».

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Source: lemonde.fr

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