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Brexit : quatre ans après, un « Royaume-Uni plus pauvre » mais sans « regrets »


« Le Royaume-Uni est officiellement sorti de l’UE le 1er février, mais les relations commerciales ne changeront que le 1er janvier 2021, à la fin de la période de transition, dans des conditions qui demeurent en cours de négociation. »

Chronique. Quatre ans déjà que les Britanniques ont voté, le 23 juin 2016, pour sortir de l’Union européenne (UE). Entre la pandémie, l’agressivité croissante de Pékin et l’erratique président américain, on l’aurait presque oublié, mais ce tremblement de terre fait imperceptiblement bouger les plaques tectoniques de la géopolitique mondiale. Le Royaume-Uni est officiellement sorti de l’UE le 1er février, mais les relations commerciales ne changeront que le 1er janvier 2021, à la fin de la période de transition, dans des conditions qui demeurent en cours de négociation.

Rien n’a changé donc, mais tout a changé. Le Brexit est l’un de ces événements dont les conséquences seront très profondes mais très lentes. Après le bruit et la fureur de ces dernières années, il est l’heure d’un premier bilan sur ses conséquences réelles.

Première leçon : les Britanniques ne regrettent pas (vraiment) leur décision. Tous les sondages l’indiquent : 90 % de ceux qui ont voté lors du référendum feraient le même choix, que ce soit pour ou contre le Brexit. Une petite minorité de chaque camp a changé d’opinion mais elles s’annulent l’une l’autre.

En revanche, ceux qui n’avaient pas voté en 2016 penchent désormais nettement du côté proeuropéen. Au total, cela donne une légère majorité de Britanniques, autour de 55 %, qui estime que sortir de l’UE a été une erreur. Cette opinion est stable depuis l’été 2017, indique John Curtice, spécialiste des sondages à l’université de Strathclyde. Le regret, s’il existe, est très marginal, et indique essentiellement un pays toujours aussi divisé. L’absence totale de célébration du quatrième anniversaire – certes en période de fin de confinement – en dit cependant long sur le manque d’enthousiasme général, maintenant que l’abcès est crevé.

L’immigration européenne en chute libre

Deuxième leçon : l’immigration a changé de provenance. L’immigration, et le flot continu d’Européens s’installant au Royaume-Uni depuis une quinzaine d’années, a largement expliqué la victoire du Brexit. Quatre ans plus tard, l’immigration nette (nombre d’arrivées moins nombre de départs, y compris des ressortissants britanniques) n’a guère changé : 270 000 personnes en 2019, contre un peu plus de 300 000 au moment du référendum.

En revanche, la provenance des immigrants a été chamboulée. L’immigration européenne est en chute libre, avec un flux net de seulement 50 000 européens non britanniques en 2019, quatre fois moins qu’en 2016. Les Polonais, en particulier, sont désormais plus nombreux à quitter le Royaume-Uni qu’à s’y installer. A l’inverse, le solde net de migrants du reste du monde a presque doublé, avec 282 000 personnes en 2019.

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Source: lemonde.fr

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