International

Affaire Meng : Justin Trudeau refuse de céder à la pression


Le premier ministre canadien Justin Trudeau lors de son briefing quotidien sur le coronavirus, à Rideau Cottage (Ottawa), le 25 juin.

Le premier ministre canadien persiste et signe : il a répété jeudi 25 juin qu’il n’était pas question de s’immiscer dans le processus d’extradition en cours concernant la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, quand bien même une intervention gouvernementale faciliterait la libération des deux ressortissants canadiens détenus par la Chine depuis plus de cinq cents jours.

Depuis que Pékin a formellement inculpé, le 19 juin, pour « espionnage », l’ancien diplomate Michael Kovrig et le consultant d’affaires Michael Spavor – deux citoyens canadiens arrêtés en représailles à l’arrestation de Mme Meng à la demande de la justice américaine, le 1er décembre 2018 à Vancouver –, la pression s’accroît sur Justin Trudeau afin qu’il fasse un geste d’apaisement vis-à-vis de la Chine. Les deux hommes encourent une peine d’emprisonnement à vie.

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Une lettre pétition de deux pages a été envoyée lundi 22 juin au premier ministre. Parmi ses signataires, une vingtaine de personnalités dont les ex-ministres des affaires étrangères Lloyd Axworthy et André Ouellet (libéraux), Lawrence Cannon (conservateur) ou encore l’ex-diplomate détenu en otage au Niger en 2008 Robert Fowler. Ils estiment qu’Ottawa « peut et doit stopper la procédure ». « La loi sur l’extradition est claire, a plaidé Louise Arbour, l’ancienne Haut-commissaire des Nations unies pour les droits humains, également signataire de la pétition, sur Radio Canada, le ministre de la Justice peut en tout temps retirer l’affaire de la gestion par les tribunaux, et mettre fin à la procédure d’extradition. »

Hypothèse catégoriquement écartée

L’extradition est réclamée par les Etats-Unis, qui accusent la fille du fondateur du géant chinois Huawei d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran dans le cadre d’une fraude bancaire. Le 27 mai, la Cour suprême de Colombie-Britannique avait infligé un premier revers judiciaire à Meng Wanzhou, la juge Heather Holmes ayant conclu que la procédure d’extradition réclamée à l’encontre de la femme d’affaires par les Etats-Unis pouvait se poursuivre.

Interrogé le 25 juin lors d’un entretien avec la presse à sa résidence de Rideau Cottage, à Ottawa, Justin Trudeau a catégoriquement écarté l’hypothèse d’une intervention dans le processus judiciaire canadien. « Libérer Meng Wangzhou pour résoudre un problème à court terme mettrait en danger des milliers de Canadiens qui voyagent en Chine et à travers le monde en indiquant que c’est possible qu’un gouvernement ait une influence politique sur le Canada en arrêtant des Canadiens de façon aléatoire », a-t-il plaidé. S’il a assuré que le gouvernement continuerait à « travailler fort » pour obtenir la libération des « deux Michaël », le premier ministre a jugé qu’il était de sa responsabilité de défendre « le système judiciaire canadien, solide et indépendant ».

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Source: lemonde.fr

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